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Trierweiler, arme de disctraction massive

Disparue, la crise bancaire espagnole. Oubliée, la situation italienne et le risque de contamination de l’ensemble de la zone euro. Reléguées en coulisse, les exactions en Syrie, au Mali, en Birmanie. Et l’abstention record de dimanche dernier ? Rien qu’un mauvais souvenir, un détail de l’histoire, bien vite remplacé en Une des journaux par la nouvelle saga de l’été.

Le retour concomitant de la série Dallas et la surmédiatisation des histoires de coeurs des femmes du président pourraient passer pour un mauvais coup marketing. Mais la réalité est bien pire.

Trierweiler, Royal, Falorni… Le triangle des Bermudes où disparaît l’intérêt général pour mieux laisser éclater les ambitions et les ressentiments personnels. Que Shirley soutienne Brandon au détriment de l’ex-femme de son président de compagnon, le tout sur fond de lutte égoïste pour le pouvoir, c’est son droit le plus strict. Mais qu’on ne vienne pas prendre le citoyen otage avec ces tracasseries dignes des pires séries B diffusées par TF1 à l’heure de la sieste.

Pour rappel, après un taux record d’abstention du 10 juin, les Français sont invités aux urnes une nouvelle fois dimanche prochain. Pourtant, La plupart des quotidiens nationaux, les JT et autre flashs infos se polarisent depuis deux jours sur ce qu’ils se plaisent à appeler le Trierweilergate. Pardon, mais il y a un monde entre les journalistes qui ont fait tomber un président véreux, et ceux qui se contentent de commenter un tweet.

La médiocrité journalistique comme source d’abstention


Nos médias, quatrième pouvoir, devraient s’interroger sur les dangers de leur pratiques actuelles. En laissant de côté les débats d’idées au profit de ces combats de coq, ils ramènent la politique au rang de divertissement comme les autres et affaiblissent notre démocratie, si tant est que nous daignons encore appeler notre régime ainsi.

Dans le grand cirque qu’est devenu la politique, les citoyens tiennent systématiquement le rôle de spectateur floué. Après chaque représentation, ils jurent qu’on ne les y prendra plus, mais ils reviennent pourtant assister au spectacle suivant, faute de mieux. Sauf que la qualité du sketch s’est tellement dégradée qu’ils sont de plus en plus nombreux à préférer rester chez eux plutôt que de venir donner leur avis sur la pièce, sachant qu’ils ne seront pas écoutés.

Les médias, relais d’opinion, ne relaient aujourd’hui que celle de quelques-un(e)s. Et on est en droit de s’interroger sur la pertinence des acteurs à qui ils tendent le micro. Non contents d’avoir affiché Trierweiler en Une le 13 juin (plus un dossier de 5 pages), Libération remet le couvert le lendemain avec Royal cette fois-ci. Il faut néanmoins les comprendre. Les caprices de starlettes sont plus vendeurs que la dette. Et par les temps qui courent, les médias dominants ne peuvent plus se permettre d’éclairer leur audience sur les réels enjeux à venir. Trop rébarbatif. Il faut du cul, du trash ou du fric, voire les trois.

Je me fous de savoir si le message de la première people de France relève d’un manœuvre politique ou d’une simple question d’égo. Par contre j’aimerais bien que l’on me dise quand les statuts de la BCE seront révisés, quand l’audit citoyen de la dette sera discuté et quand nos institutions périclitantes seront réformées.

Dans une démocratie digne de ce nom, ces questions seraient discutées, débattues. Mais il semble que nos représentants sont trop occupés à assurer le bon déroulement de leur carrière pour se saisir de ces questions. Et il semble que les médias, trop occupés à décrire avec force détail ces chamailleries en haut-lieu, aient renoncé à le faire.

Je suis affligé par mes confrères qui, plutôt que d’informer sur les enjeux cruciaux de ces prochains mois, préfèrent détourner l’attention des électeurs. Libération nous ferait presque pleurer avec sa Une sur Royal du 14 juin. On y voit une photo de l’apparatchik avec des yeux de biche et une légende qui nous annonce que son « avenir politique » est en jeu. Mais qu’elle retourne donc à la vie civile, personne n’est irremplaçable. Combien de personnes perdent leur emploi tous les jours sans bénéficier d’aide à la réinsertion et d’une retraite généreuse sans que Libération leur accorde sa Une et une longue interview ? Beaucoup. Mais j’imagine que ceux-là ne lisent plus Libération depuis longtemps. Normal, les sentinelles du peuple sont tombées du mirador…

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