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La mystérieuse affaire de la Renault 21

Depuis le début du mois, les habitants du Berry sont hantés par une bien sombre histoire. C’est une mystérieuse automobile qui met cette province historique de l’Ancien Régime en émoi depuis le 6 novembre. Dimanche noir qui marquera pour longtemps les âmes des paisibles Berruyers. Geoffroy Jeay, journaliste du Berry Républicain, plante le décor, avec moult détails.

« Les quatre pneus sont crevés, le pare-brise est étoilé et les vitres latérales gauche et arrière ont volé en éclats. La Renault 21 grise retrouvée, ce matin, devant le bar la Civette, sur le trottoir, place Henri-Mirpied, à Bourges, a souffert ».

Ces 41 insoutenables mots résument parfaitement la gravité de la situation. Malgré ses efforts, le 7 novembre au soir, l’enquêteur du Berry Républicain n’a toujours aucune piste. Mais, dès le lendemain, la perspicacité de ce fin limier éclaire en partie ce fait-divers dramatique.

C’est vers la distinguée discothèque le Q à Bourges, référencée sur le site www.gay-sejour.com , que le reporter s’est directement tourné. Son flair a payé. Olivier Rivet, dit Godefroy, le patron de la suscitée boîte de nuit, n’a pas résisté longtemps aux questions dérangeantes du journaliste. S’il commence par nier qu’un quelconque incident ait pu se produire dans ou au dehors de son établissement dans la nuit de samedi à dimanche, Godefroy retrouve vite la mémoire.

« C’est la voiture d’une racaille qui s’est présentée à la discothèque vers 5 heures du matin avec deux amis. Il a tenté de taxer un client, il l’a traité de pédé, puis il souhaitait rentrer. Nous lui avons refusé l’entrée. Il a alors sorti un couteau. Par réflexe, je lui ai mis un coup de poing au visage. Le couteau est tombé au sol et mes portiers sont sortis. Des clients aussi.»

L’histoire aurait pu s’arrêter là. C’était sans compter sur la témérité et la pugnacité des clubbers Berrichons. Le  patron de la boîte poursuit :

« C’étaient des rugbymen, dont certains homosexuels, assez virils et costauds. Ils ont appris qu’un gars avait sorti un couteau devant moi et ils l’ont pourchassé. J’ai envoyé mes portiers surveiller, mais je crois qu’ils l’ont lynché. Ensuite, ils ont cassé les vitres de son véhicule avec le cul d’une bouteille de champagne. Je n’ai pas pu les retenir. »

En moins d’une journée, le brouillard d’incertitude qui entourait la Renault 21 retrouvée devant le bar la Civette commence à se dissiper. Mais des zones d’ombre demeurent. Une « source proche de l’enquête » confie au journaliste que « le propriétaire de la Renault 21[…] ne répond pas au téléphone et n’est pas chez lui ». L’article relate aussi l’arrivée d’un troisième acteur et la découverte d’un indice crucial.

« Un trousseau de clés de marque Renault, tâché d’un liquide rouge qui pourrait être du sang, a été retrouvé par un passant rue Pelvoysin, près de la place Mirpied, dimanche matin. Cet homme aurait ramassé les clés et s’apercevant qu’elles étaient couvertes de sang, les aurait relâchées dans le hall de la Caisse d’épargne. Le trousseau, que nous avons pu photographier dimanche matin, n’était plus dans le hall lorsque la police a essayé de le récupérer ».

Un brillant article* de l’édition du 9 novembre ne nous apprend rien de plus, si ce n’est qu’Olivier Rivet est entendu par la police.

« la racaille » est connue des services de police

Les fidèles du Berry Républicain, tenus en haleine pendant trois jours, doivent pourtant attendre près de deux semaines pour obtenir plus de détails. C’est un nouveau papier choc daté du 23 novembre qui vient rassasier leur insatiable curiosité.

On comprend dès le titre que les enquêteurs sont en bonne voie. « Le propriétaire de la Renault 21 a porté plainte ». L’article pousse plus loin les révélations.

« Berruyer de 27 ans, le propriétaire de la voiture, qui a également été frappé (trois jours d’incapacité totale de travail lui ont été prescrits), a porté plainte pour violences volontaires et dégradations ». Le patron du Q -maintenant appelé Godefroy, dit « Olivier », Rivet- précise que « la racaille » concernée est connue des services de police.

Malgré tous ces éléments et le consciencieux travail d’enquête de mes confrères, les clients du bar qui ont vertement molesté la canaille homophobe courent toujours et on ne sait pas ce qu’il est advenu du trousseau de clé ensanglanté retrouvé à quelques encablures de la discothèque le Q. Afin de faire cesser cet interminable suspense, le parquet de Bourges sera bientôt chargé de tirer  cet étrange affaire au clair. Une chose est sûre, la Renault 21 de la place Henri-Mirpied n’a pas fini d’intriguer les Berruyers.

Affaire à suivre…

E.D.

PS : J’imagine qu’il n’est nul besoin de le préciser mais dans le doute, je me permets de vous administrer une piqure de rappel. Comme vous le savez, le Berruyer est l’habitant de  Bourges tandis que le Berrichon est l’habitant du Berry.

* Sorti de son contexte, l’article est exceptionnel. Le titre, la construction, le mot-clé… rien n’est à jeter

 

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