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Mais où est passé l’Artisanat ?

Artisanat, où es-tu ? 3 millions d’emplois. 960 000 entreprises. Environ 15% du PIB français. 2% de croissance au premier semestre. 600 000 emplois créés en 10 ans. Pourtant, personne n’en parle. La « 1ere entreprise de France », comme le dit si bien le slogan, reste pour l’instant absente du débat politique et de la sphère médiatique.

Certes, peu d’artisans sont en mesure d’inviter Nicolas Sarkozy sur leur yacht de luxe, de défrayer la chronique comme l’a fait Servier ou de porter les espoirs électoraux de Ségolène Royal comme Heuliez. Mais tout de même. Le gouffre entre l’importance de l’artisanat dans l’économie française et son absence de couverture médiatique et politique est abyssal. Le secrétaire d’Etat à l’artisanat, le valeureux Frédéric Lefebvre, est également responsable de cinq autres portefeuilles (PME, consommation, tourisme, professions libérales, services). L’artisanat ne mérite-t-il pas un secrétariat d’Etat qui lui soit dédié, à l’instar des anciens combattants ou des Français de l’étranger ?

Pendant les débats de la primaire socialiste, les candidats ont totalement occulté ce secteur de l’économie. Le cas des TPE-PME a certes été brièvement évoqué, notamment par J-M Baylet, mais aucun d’entre eux ne s’est vraiment prononcé et engagé clairement sur ce pan non négligeable de l’économie française. Pas plus que Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélenchon ou Phillipe Poutou, tous candidats déclarés à l’élection présidentielle. Seule Marine Le Pen s’est intéressée vaguement à la question en nommant un conseiller politique à l’artisanat et au commerce, espérant ainsi récupérer les déçus du sarkozysme.

La loi du silence

Les artisans, historiquement conservateurs, ne sont pas mieux traités par la droite que par les aspirants au pouvoir. Cette fraction de la population est oubliée par le parti présidentiel qui ne s’intéresse à ce secteur que par le prisme de l’alternance. Une manière, à leurs yeux, d’insérer les rebuts du système scolaire de façon honorable. De masquer la déconfiture de l’éducation nationale

Sauf que l’artisanat ne se limite pas à un nid d’emplois garantis, stables et sous-qualifiés. Le secteur ne représente pas seulement une alternative à l’échec scolaire d’un nombre grandissant de français. Il est le symbole de l’économie réelle. Il permet à nombre de consommateurs de se nourrir, de se loger, de se chauffer, et ce sans recours aux marchés financiers, ceux-là même qui par leurs excès menacent notre économie.

Une question de reconnaissance

L’artisanat, c’est plus de 150 métiers, séculaires ou modernes, du bottier à l’artisan taxi en passant par l’électrotechnicien. Des professions nobles qui font appel à l’intelligence des mains autant qu’à l’intelligence économique. Pour rappel, les artisans sont des chefs d’entreprise, qu’ils portent des bleus de travail ou des salopettes. Ils gèrent leur entreprise mais aussi parfois le destin de leurs salariés. Ne méritent-ils pas plus de reconnaissance ?

Certains citoyens l’ont compris. En 2010, 56% des nouveaux artisans étaient d’anciens cadres. Pourtant, les clichés ont la vie dure. Les artisans sont souvent vus comme des manuels dépourvus de capacités de réflexion, ce qui explique le désamour persistant des jeunes pour ces métiers. On n’en parle pas assez, mais nombre d’entre eux exportent leur production. Qu’ils fabriquent des lustres, des rideaux ou des pièces de métal, ils portent haut les couleurs de la France et son savoir-faire.

Les banquiers eux aussi leur tournent le dos. Tous les mois, de nouvelles statistiques font apparaître la frilosité des banquiers à débloquer des fonds pour les petites entreprises artisanales. Certes, les rendements ne sont pas élevés, mais n’est-ce pas le métier premier des banques ?

Espérons que malgré ce manque d’intérêt criant, les artisans sauront faire entendre leur cause jeudi 19 octobre, pendant le congrès de l’Union professionnelle artisanale (UPA). Espérons que la présence annoncée de Jean-François Copé, François Hollande et François Fillon ne soit pas que symbolique, comme elle l’a trop souvent été par le passé.

E.D.

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