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Les anti-DSK ont banalisé le viol

Portée en étendard par les féministes, Nafissatou Diallo, est depuis l’épisode de la suite 2806, une icône malgré elle de la lutte contre le viol. Journaux, télés et radios ont diffusé sans lasse les déclarations putrides instrumentalisant la situation de la femme de chambre pour donner un nouveau souffle à leur lutte.

Clémentine Autin, Gisèle Halimi ou encore les féministes qui se sont regroupées sous les fenêtres de l’ex chef du FMI, ont trouvé en DSK l’incarnation parfaite de leur haine justifiée envers les violeurs. DSK comme exutoire. DSK comme catharsis. Ce roi du capitalisme de gauche, prophète de l’économie libérale, pour qui je n’ai pas la moindre once de sympathie, est devenu l’homme à abattre. En le faisant tomber, on annihilerait la possibilité d’un viol. Pourtant, ce n’est pas en désignant et en lynchant un bouc-émissaire que l’on règle un problème séculaire. Malheureusement, le plus anonyme et le plus discret des hommes peut cacher un violeur en puissance. Vouloir réduire le viol aux abus des puissants revient à le dédramatiser dans son exercice le plus courant, celui d’un anonyme envers une anonyme.

  Le viol est une affaire  trop sérieuse pour le laisser à la vindicte populaire, féministe et bienpensante (petite pensée pour Clémenceau)

Elles/ils sont nombreux à dénoncer, à juste titre, l’impunité dont bénéficient les « puissants » dans ce genre d’affaires. DSK n’est pas la première célébrité accusée de viol. Chanteurs, sportifs et autres stars ont déjà eu à répondre à de telles accusations. Les procès étant souvent négociés à l’amiable à coups de millions. Mais garde à ne pas précipiter les choses. Être un criminel sexuel n’est pas un pré requis pour faire parti des puissants. Tout comme il n’est nul besoin de faire partie des puissants pour être un criminel sexuel.

Plutôt que d’aborder de front ce problème de société, certaines féministes ont préféré saisir une affaire qui attise le voyeurisme ordinaire et s’en servir comme porte-voix. Surmédiatisé, honteusement politisé, le viol supposé de Naffisatou Diallo a perdu de son horreur, de sa violence. L’hystérie qui a entouré cette histoire a fait rentrer ce crime hypothétique au Panthéon des faits-divers, aussi tragiques que croustillants, dont le lecteur/téléspectateur décérébré se délecte allégrement. En somme, le viol s’est retrouvé banalisé. Il a été associé à la manipulation, aux calculs politiques, au show médiatique et aux slogans tapageurs (« serial violeur »), déconnectant de la réalité cet acte pourtant si cruellement réel.

Présumé chaud lapin

Il convient de rappeler que rien aujourd’hui ne permet d’affirmer que DSK a violé Naffisatou Diallo dans sa chambre d’hôtel. Faute de preuve, on le juge sur ses actes passés, avérés ou non. On le catégorise comme un violeur patenté car il a déjà trompé sa femme avec une collaboratrice et qu’il est sous le coup d’une enquête pour tentative d’agression sexuelle envers Tristane Banon. Même si DSK est reconnu coupable dans le « cas Banon » (merci le Canard), cela n’induit pas qu’il ait commis le crime qui lui est aujourd’hui reproché par les procureurs publics autoproclamés à qui l’on tend le micro.

Si l’on doit suivre le raisonnement du « coupable un jour, coupable toujours », qui semble être de mise dans cette affaire, autant aller jusqu’au bout de la démarche. Il n’est pas inutile de rappeler que Nafissatou Diallo a également inventé un viol pour obtenir son visa. Elle est également suspectée de relations suspectes avec un dealer emprisonné. Ainsi, il me semble aussi injuste et absurde de juger DSK à l’aune de ses actes passés que de le faire pour Nafissatou Diallo.

Ici, le fameux adage, « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », n’a pas vraiment été observé. La présomption d’innocence a été lourdement bafouée au profit du statut de la toute puissance de la victime. Victime présumée s’il est besoin de le rappeler. Le viol supposé a été instrumentalisé, dénaturé et finalement banalisé. Le DSKgate est une défaite, non judiciaire, mais morale pour les militantes anti-viol. Elles ont vu trop facilement et rapidement en cet homme un prédateur avéré. Elles ont crié au loup trop tôt, sans preuves, sans penser aux 200 victimes quotidiennes de viol en France, qui mériteraient considération et  reconnaissance plutôt qu’une surexposition médiatique aussi éphémère que factice.

E.D.

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